A48b – Eglises de la fin des temps. 2) Comment se libérer du système pastoral

Article de : S. R. Shearer (Antipas Ministries)

Source http://www.endtimesnetwork.com/oldnews/vol4no2.html

Pour manifester pleinement la nature de Christ, l’Eglise doit se libérer du système pastoral actuel. L’auteur étudie aussi les rapports entre la triple nature de l’homme (esprit, âme et corps) et le pré-millénarisme. S. R. Shearer est l’un des responsables d’Antipas Ministries. Il continue d’expliquer dans cet article, qui fait suite à l’article A227, quelles sont les caractéristiques de ces temps de la fin, à la lumière de la Bible, et encourage les Chrétiens véritables à persévérer dans l’attendre du retour du Seigneur.

« Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues ; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l’heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous » (Jean 16 :1-4).

Nous sommes parvenus à la fin des temps.

Comme nous l’indiquions dans notre article précédent, « Eglise organisée et fin des temps », nous sommes maintenant parvenus à la fin des temps. Le monde se dirige inexorablement vers une conclusion, et une seule : la terre entière est en train de s’organiser en un immense système pyramidal, qui regroupe toutes les organisations humaines, y compris toutes les églises organisées. Toutes les entreprises, toutes les cultures, et toutes les nations seront incorporées dans cette immense structure planétaire, qui revêtira le caractère de la « Bête » (Apocalypse 13 :11-17). La Bible décrit ce système comme « une femme qui est assise sur une bête ». Cette Bête, qui représente le pouvoir civil, et cette femme, qui représente le pouvoir religieux, sont indissolublement associées, pour aboutir à la formation d’un empire politique mondial, et d’une Eglise mondiale, au milieu d’une séduction généralisée.

Nous avons vu ce que devaient faire les Chrétiens véritables, pour ne pas être enlacés dans ce processus. Si nous voulons éviter d’être pris dans ce système, nous devons nous écarter de cette « Eglise organisée ». Car la plus grande partie de cette « Eglise organisée » se trouve déjà engagée dans cette organisation mondiale. Ce phénomène conduit inévitablement dans le système de l’Antichrist, qui, selon la Bible, dominera le monde à la fin des temps. C’est dans cette direction que sont engagées la plupart des églises chrétiennes américaines aujourd’hui. C’est le courant universel caractéristique de notre époque…

Vous pourriez dire : « Mais nous sommes Baptistes ! Nous sommes de vrais Baptistes ! » Ou : « Nous sommes membres des Assemblées de Dieu ! Historiquement, il est prouvé que nous avons enseigné la saine doctrine ! » Certes, mais c’est de l’Histoire, ce qui ne veut plus rien dire aujourd’hui ! Rappelez-vous ce que signifie le mot « apostasie » ! « Apostasier » signifie « s’écarter de la vérité, chuter ». La Bible dit : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition » (2 Thessaloniciens 2 :3).

Vous ne pouvez pas chuter d’une position que vous n’aviez pas atteinte auparavant ! Par exemple, vous ne pourriez pas chuter du premier étage d’un immeuble avant d’avoir d’abord atteint ce premier étage ! En employant ce mot « apostasie », la Bible fait donc référence à une Eglise qui était manifestement dans la foi et dans la vérité, à un moment donné de son existence. La Bible ne fait pas référence à une religion étrangère, ni à une secte comme celle des Témoins de Jéhovah, des Mormons ou de l’Eglise Moon. Ces groupes n’ont jamais été dans la vérité ! Ils ne peuvent donc pas « chuter » d’une position qu’ils n’avaient jamais atteinte !

Vous devez savoir où vous en êtes vous-mêmes !

Vous pourriez me dire que vous ne savez pas si votre église est réellement engagée dans ce processus, qui vise à organiser une Eglise mondiale unique. Pourtant, il n’est pas bien difficile de le savoir ! Il vous suffirait de poser quelques questions simples ! Par exemple, est-ce que votre église est activement engagée dans ce mouvement d’unification que l’on appelle aussi le « mouvement œcuménique », et que les Chrétiens conservateurs associaient naguère aux églises libérales ? Vous seriez sans doute surpris d’apprendre combien de Chrétiens connus, combien de responsables évangéliques célèbres, sont engagés dans ce mouvement d’unification ! Je citerai Charles Stanley, D. James Kennedy, Tim LaHaye, John Wimber (maintenant décédé), Juan Carlos Ortiz, C. Peter Wagner, Beverley LaHaye, Ern Baxter, Kenneth Copeland, Kenneth Hagin, Oral Roberts, Pat Robertson, Jerry Falwell, Chuck Colson, Jack Hayford, David Yonggi Cho, etc… Je pourrais aussi citer des personnalités moins connues, comme Robert Stearns, Mike Bickle, Reuven Doron, Che Ahn, Franck Hammond, Cindy Jacobs, Bill Hamon, John Eckhardt, Bobbie Byerly, Dutch Sheets, Jim Goll, John Paul Jackson, James Ryle, Franck Damasio, Ed Silvoso, Carlos Annacondia, Claudio Freidzon, Roger Mitchell, Ted Haggart, Paul Cain, Chuck Pierce, Rick Joyner, Kingsley Fletcher, Jim Laffoon, Barbara Wentroble, etc, etc…

La liste est très longue, et va des Catholiques Charismatiques aux Pentecôtistes de la « vieille école », sans compter une foule de Chrétiens « fondamentalistes ». Tous ceux-là sont plongés jusqu’au cou dans le mouvement d’unification. Est-ce que l’église que vous fréquentez est associée en quoi que ce soit à l’une ou l’autre de ces personnalités ? Si c’est le cas, ne soyez plus aussi certains que votre église n’est pas touchée par ce mouvement œcuménique moderne !

Prenez un autre exemple ! Est-ce que votre église a pris part à des rapprochements avec l’Eglise Catholique Romaine ? Qu’il soit clair ici que nous n’avons rien contre les Catholiques Romains en soi ! Nous ne disons pas non plus que l’Eglise Catholique Romaine ne contient pas de véritables Chrétiens. Mais, pour la plupart, ce sont des gens qui sont Chrétiens en dépit du système Romain, et non pas grâce à lui ! En fait, le système religieux de l’Eglise Romaine est tellement apostat que la plupart des spécialistes évangéliques de la Bible ne doutent aucunement que la « Grande Prostituée » de l’Apocalypse soit l’Eglise Romaine !

Si vous me dites : « Notre église n’est absolument pas impliquée dans un tel rapprochement ! », je vous suggèrerais de n’en être pas si certain ! Car c’est un fait que ce rapprochement a concerné presque tous les milieux évangéliques, et qu’un grand nombre de responsables évangéliques se sont énergiquement impliqués dans le mouvement œcuménique, des gens comme Pat Robertson, fondateur de la « Coalition Chrétienne » et Président du « Christian Broadcasting Network », Charles Colson, responsable de « l’International Prison Fellowship Ministry », Steve Sheldon, Directeur de la « Coalition des Valeurs Traditionnelles », les Docteurs Richard Land et Larry Lewis, dirigeants de la Convention des Baptistes du Sud (1).

Tous ces gens, et bien d’autres encore, se sont récemment réunis avec des dirigeants de l’Eglise Catholique Romaine pour rédiger et signer une déclaration commune, sous l’impulsion du Révérend Richard John Neuhaus, un théologien catholique qui dirige « l’Institute on Religion and Public Life » (Institut pour la Religion et la Vie Publique), situé à Manhattan. Ce document est intitulé « Chrétiens Evangéliques et Catholiques ensemble : La Mission Chrétienne dans le Troisième Millénaire ». Le but de cette déclaration est de resserrer les liens entre les groupes religieux les plus actifs sur le plan politique, et d’encourager l’engagement accru des Chrétiens dans l’action politique, pour « regagner le pays pour Christ et pour l’Eglise ».

L’unité à tout prix.

Des Chrétiens Evangéliques, qui travaillent la main dans la main avec l’Eglise Catholique Romaine ? On pourrait l’envisager, dans le cadre d’une action strictement politique ! Mais cela n’a aucun sens, dans le cadre d’une action spirituelle. Quelle relation spirituelle des Chrétiens Evangéliques pourraient avoir avec des Catholiques Romains, quand ces derniers continuent à croire :

  1. Que Marie est le chef-d’œuvre de la création de Dieu (« Quatrième glorieux mystère » du Rosaire).
  1. Qu’elle est exempte de tout péché (Quatrième glorieux mystère du Rosaire).
  1. Qu’elle bénéficie d’une unité intrinsèque avec la Trinité (« Sa maternité divine et son alliance avec la Très Sainte Trinité », « Quatrième glorieux mystère du Rosaire »).
  1. Qu’elle est médiatrice et avocate des hommes auprès de Dieu (« Cinquième glorieux mystère du Rosaire »).
  1. Qu’elle est la détentrice des grâces de Dieu, des mérites de Jésus-Christ, et des dons du Saint-Esprit (« Cinquième glorieux mystère du Rosaire »
  1. Qu’elle est la Reine du Ciel et de la terre, des anges et des hommes (« Cinquième glorieux mystère du Rosaire »).
  1. Qu’elle est la destructrice et la ruine du diable et des hérésies (« Cinquième glorieux mystères du Rosaire »).
  1. Qu’elle est l’Arche de l’Alliance.
  1. Qu’elle est la Porte du Ciel.
  1. Qu’elle est l’Etoile du Matin.
  1. Qu’elle est le Refuge des pécheurs.

Comment est-il possible de faire croire de telles doctrines au peuple de Dieu ? Que devient Christ dans tout cela ? La Bible dit :

« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme » (1 Timothée 2 :5).

Les Catholiques disent en revanche que Marie est la « Médiatrice et l’Avocate des hommes auprès de Dieu ».

C’est l’enseignement clair de l’Eglise Catholique ! Elle ne s’en cache absolument pas ! S’il en est ainsi, cela signifie qu’il n’y a aucun salut possible dans l’Eglise Catholique en tant que telle. Comment pourrait-il y en avoir ? Certes, Marie fut une croyante merveilleuse et très spirituelle, au sens le plus vrai de ces termes, mais elle ne peut nullement sauver. Seul Christ peut nous sauver ! Il n’y a absolument aucune place pour le moindre compromis dans ce domaine ! (2).

Nous pourrions encore citer l’hérésie de la messe, et un nombre incalculable d’autres doctrines Catholiques, tellement idolâtres et offensantes pour Dieu, qu’aucun Chrétien authentique ne pourrait jamais envisager de les défendre en quoi que ce soit ! Par exemple, le culte rendu aux prétendus « saints » de l’Eglise Catholique, le culte des reliques (qui ne sont souvent que des morceaux de cadavres, des doigts, des mains, des ossements, etc…), la confession, le Purgatoire et les Indulgences (qui découlent logiquement de la doctrine du Purgatoire), etc…

En outre, J.I. Packer et Richard John Neuhaus, pour ne pas citer les noms d’un grand nombre de responsables Protestants et Evangéliques, ont eu la fantastique témérité et l’immense présomption de prétendre que la Réforme n’était fondée que sur un malentendu ! La colossale insolence et l’insondable naïveté de cette affirmation laissent pantois ! A quoi pensaient donc ces hommes ? Pourquoi se sont-ils comportés comme si toutes les hérésies Catholiques étaient enfouies dans un lointain passé, alors qu’elles continuent à se pratiquer chaque jour dans le monde entier, ne serait-ce que dans la messe, à laquelle tout Catholique devrait normalement participer ?

Comment raisonnent aujourd’hui les Evangéliques.

Il y a pourtant des gens qui ne voient aucun mal à cela, comme Paul Crouch, du Trinity Broadcasting Network. Voici ce qu’il dit, à propos de ceux qui s’opposent à l’unité avec l’Eglise Catholique :

« Ceux qui appartiennent à ce vieux Sanhédrin corrompu (c’est-à-dire ceux qui s’opposent à l’unité entre Catholiques et Evangéliques pour des raisons d’incompatibilités de doctrines) sont deux fois morts, déracinés… Ils sont damnés et en route vers l’Enfer ! Je ne pense pas qu’ils puissent encore être rachetés… Ce sont des hypocrites, des chasseurs d’hérésies, qui veulent toujours trouver la paille des mauvaises doctrines dans les yeux des Chrétiens, alors qu’ils ont toute une forêt dans leurs propres yeux ! Je vous le dis : allez en Enfer ! Otez-vous de mon chemin ! Cessez de bloquer les ponts de Dieu (les ponts de l’œcuménisme) ! Je suis fatigué de tout cela ! C’est dans mon esprit ! Oh, alléluia !… Avez-vous vu ce vieux film sur le Général Patton ? C’est mon héros, oui, mon héros ! Ce vieux suceur de clous et mastiqueur de tabac, ce vieux Patton, qui lisait pourtant sa Bible tous les jours ! J’ai le sentiment que nous verrons ce vieux général au Ciel ! Il y a dans ce film une scène merveilleuse. Ils essayaient de faire traverser un pont à la Troisième Armée, en France, pendant la guerre, et voilà qu’un baudet bloquait le pont à tout un convoi de troupes… Le vieux Patton s’est mis à rugir, a sorti son revolver à crosse d’ivoire, et a abattu l’âne !… Nous pouvons en faire une application spirituelle ! Et je veux vous dire, à vous, tous les scribes et les pharisiens, qui chassez les hérésies, qui passez votre temps à chercher la petite bête doctrinale chez tout le monde, et à diviser le Corps de Christ : Libérez le chemin du Seigneur, cessez de bloquer les ponts de Dieu (les ponts de l’unité), sinon Dieu va vous abattre ! Laissez Dieu S’occuper de toutes ces saletés de questions de doctrine ! Je refuse de discuter plus longtemps avec vous ! Sortez de ma vie ! Je ne veux plus vous parler ! Je ne veux plus voir votre visage hideux ! » (4).

Réfléchissez un moment à ce que Crouch dit dans cette déclaration :

  1. Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’engagement des Chrétiens dans la politique, et, en particulier, ceux qui ne veulent pas que les Chrétiens militent pour « regagner l’Amérique pour Christ et pour l’Eglise », sont damnés et en route vers l’Enfer !
  1. Il n’y a plus aucune rédemption pour eux.
  1. Il faudrait les « abattre » parce qu’ils s’opposent à « l’unité ». Si Dieu ne le faisait pas, Crouch et ses amis seraient manifestement prêts à le faire !
  1. La « saine doctrine » est à mettre au rang des « saletés » !

En fait, cette tendance à l’œcuménisme est devenue tellement puissante dans certains milieux chrétiens, notamment chez les charismatiques, qu’ils soient Catholiques ou Protestants, qu’elle entraîne le rejet catégorique de tout ce qui tendrait à dévoiler les véritables motivations de ce mouvement vers l’unité. Car la vraie motivation de l’œcuménisme est de créer une grande Eglise mondiale. On n’hésite donc pas à qualifier ceux qui s’y opposent de « manquer d’amour », d’être des « diviseurs » et des « méchants ». Selon les propres termes de Francis Frangipane, ce mouvement vers l’unité a pour objectif ultime « l’établissement du Royaume de Dieu sur la terre » et la manifestation d’une « nouvelle race de Chrétiens, qualifiés avec puissance pour exécuter physiquement la volonté de Dieu, ici et maintenant ».

Les Chrétiens qui militent pour « regagner l’Amérique pour Christ et pour l’Eglise » ne sont tout simplement pas intéressés par les faits qui s’opposent à leur programme. Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour cacher ces faits aux autres Chrétiens Evangéliques, qui seraient disposés à agir, s’ils avaient une occasion d’examiner ces faits. On ne peut attendre de ceux pour lesquels la fin justifie les moyens d’être très scrupuleux dans leurs méthodes, malgré leurs sourires, leurs contorsions et leurs douces protestations ! Il suffit de voir quelles violentes attaques ils lancent contre tous ceux qui s’opposent à eux !

Ce que veulent ces gens, en fait, c’est enrôler les Chrétiens dans un grand mouvement politique, même s’il faut pour cela sacrifier l’authenticité spirituelle du Christianisme ! Ce qui intéresse Dobson, LaHaye, Benny Hinn, Robertson, Kennedy, et tant d’autres, c’est la formation d’une grande armée de gens capables de voter pour « regagner l’Amérique pour Christ et pour l’Eglise ». Pour réussir ce projet, il leur faut donc enrôler dans leur mouvement tous ceux qui « confessent le nom de Christ », depuis les Catholiques Romains jusqu’aux Mormons, en passant par les adeptes de la secte Moon, etc… Ils ont besoin de tous les votes disponibles ! Et ils sont également prêts à « régler leur compte » à tous ceux qui leur barrent la route !

Sortez du milieu d’elle !

Alors, nous posons à nouveau la question : « Que devons-nous faire ? » La Bible donne une réponse très claire. Elle nous demande de « sortir du milieu d’elle » (Apoc. 18 :4). Il ne peut que ce ne soit pas nous qui décidions de partir. Mais si nous nous efforçons de rester fidèles à nos convictions, et si nous refusons de nous taire, on nous « invitera » à partir. Il se peut même que nous subissions un traitement plus sévère, car la Bible nous dit qu’il viendra un temps où « ils vous excluront des synagogues ; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu » (Jean 16 :2).

Le fait de « sortir du milieu d’elle » ne libère pas les Chrétiens de l’obligation de « manifester » l’Eglise. Si cela signifie que nous devons nous retirer dans nos maisons et établir des « églises de maisons » pour répondre à cette obligation, alors, faisons-le !

 

Quelles que soient nos déceptions dans notre vie d’église passée, quelles que soient les souffrances que nous avons pu endurer de la part de nos frères et sœurs en Christ, ne baissons jamais les bras en ce qui concerne l’Eglise du Seigneur ! L’Eglise est le témoignage de Dieu sur la terre, et si nous baissons les bras en ce qui concerne l’Eglise, nous abandonnons ce témoignage ! Voici ce que la Bible nous dit à ce sujet :

« Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. N’abandonnons pas notre assemblée (littéralement : « le fait de nous rassembler« ), comme c’est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour » (Hébreux 10 :23-25).

Pourquoi l’Eglise est-elle le témoignage de Dieu ? Parce qu’elle répond à un besoin principal du cœur de l’homme, le besoin s’appartenance à une communauté ! Sans Dieu, il est impossible de satisfaire ce besoin. Je vous dis la vérité, rien n’est aussi impossible à atteindre pour l’homme que des relations d’amour durables avec les autres. En fait, il semble que l’existence des hommes soit une longue suite de relations brisées, entre mari et femmes, frères et sœurs, partenaires commerciaux, amis, etc… A tel point que les hommes et les femmes sont confondus quand ils rencontrent l’amour véritable ! Ils sont alors contraints de s’exclamer que cela doit venir de Dieu ! Il est vrai que très peu d’entre nous sont capables d’établir de telles relations d’amour !

C’est cela, le témoignage de l’Eglise ! C’est la gloire de l’Eglise d’être une communauté de Chrétiens animés de sentiments de compassion et d’amour, car ils ont reçu l’amour de Christ. L’amour ! C’est là le cœur de l’Eglise !

« Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité (l’amour de Christ), cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n’est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s’enfle point d’orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s’irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais » (1 Corinthiens 13 :3-8).

L’Eglise, c’est cela : une communauté d’êtres de chair et de sang qui manifestent l’amour de Dieu, et qui sont engagés dans des relations d’amour et d’affection les uns envers les autres. Je le répète, l’Eglise, c’est cela ! Elle doit pouvoir prouver à un monde perdu dans son cynisme, sa haine et son égoïsme, qu’il est possible d’établir de tels liens d’amour, au sein d’une communauté qui n’a rien à voir avec une organisation hiérarchique soumise à une discipline et un contrôle. Dans cette communauté vivante, tout n’est qu’une question d’amour, tout revient à rechercher le bien de l’autre en premier, et à mettre ses intérêts propres en dernier. Seul Dieu peut édifier une telle communauté ! Devant elle, l’homme ne peut que s’exclamer : « Cela vient de Dieu ! »

Un amour de cette qualité ne peut être trouvé qu’en Christ. Seul cet amour peut nous permettre d’édifier une communauté véritable ! Cette communauté n’est possible que si le « moi » et l’ego sont cloués sur la croix, pour que l’on recherche en priorité le bien de l’autre. Cet amour-là ne se trouve qu’en Christ. C’est pour cela que l’apôtre Paul nous a dit :

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, (2 :8) il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » (Philippiens 2 :5-8).

L’Eglise est la réponse de Dieu au besoin de l’homme d’appartenir à une communauté.

L’homme a un besoin profond d’appartenir à une communauté. En vérité, la Bible dit :

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2 :18).

L’homme a besoin d’autres êtres humains avec lesquels il peut entrer en relations, avec lesquels il peut échanger, partager ses joies, ses chagrins, ses victoires, ses défaites, ses réussites et ses échecs. Oui ! Même ses échecs ! En vérité, l’un des passages les plus poignants de l’Ecriture décrit le besoin de pouvoir partager ses échecs avec quelqu’un :

« Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! » (Ecclésiaste 4 :10).

Cette triste lamentation se répète souvent dans l’Ecriture (Exode 18 :18, Nombres 11 :14, Ecclésiaste 4 :11, etc…)

Même Dieu ne demeure pas seul. C’est cela, plus que toutes les horreurs de la crucifixion, qui a sans doute déchiré le cœur de Jésus-Christ, quand Il a été abandonné par le Père à la mort de la croix :

« Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27 :46).

L’horreur de la solitude.

La solitude est assurément quelque chose d’horrible. L’une des choses les plus haïssables concernant le péché est qu’il détruit les relations interpersonnelles et qu’il crée la séparation et l’isolement. Après tout, qu’est-ce qui rend l’adultère aussi abominable ? N’est-ce pas le fait qu’il détruit la confiance qui permettait à un mari et à son épouse de vivre ensemble dans l’amour ? N’en est-il pas de même pour l’idolâtrie ? L’idolâtrie ne porte-t-elle pas un coup fatal à la relation que Dieu désire avoir avec l’homme ? Si, certainement ! De même, si des enfants cessent d’honorer leurs parents, cela ne brise-t-il pas leurs relations avec eux ? Il en est de même pour le vol, la convoitise et tous les autres péchés. Ne détruisent-ils pas les relations entre les êtres humains ? Ne ruinent-ils pas les liens de confiance qui permettent à toute communauté de subsister ? Ne créent-ils pas la suspicion, le cynisme, la haine, etc… ? C’est-à-dire exactement tout ce qui est à l’origine de l’isolement et de la division ? Oui, certainement !

L’homme a besoin d’une communauté, et le péché la détruit. Le péché détruit la relation entre l’homme et Dieu, ainsi qu’entre l’homme et ses semblables. Sans cette communauté, sans cette relation avec Dieu et avec les hommes, l’homme cesse d’être un homme. Il perd son humanité. Et c’est pour cette raison que Dieu nous a donné l’Eglise :

« Afin que tous soient un (afin qu’ils forment une « communauté » entre eux), comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous (afin qu’ils forment une « communauté » avec Dieu), pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jean 17 :21).

« Pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». C’est très important ! Comment le monde va-t-il croire que Dieu a envoyé Christ dans le monde ? Quand les Chrétiens formeront une vraie « communauté » entre eux, et avec Dieu. C’est cela notre témoignage, former une vraie communauté !

« Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (Jean 17 :22-23).

Comment réaliser cette communauté ? Par l’Eglise ! La Bible dit :

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé. En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous par toute espèce de sagesse et d’intelligence, nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre… En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ… Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses, afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd’hui par l’Eglise la sagesse infiniment variée de Dieu, selon le dessein éternel qu’il a mis à exécution par Jésus-Christ notre Seigneur, en qui nous avons, par la foi en lui, la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance. Aussi je vous demande de ne pas perdre courage à cause de mes tribulations pour vous : elles sont votre gloire. A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (Ephésiens 1, 2 et 3).

Ces passages nous parlent d’une véritable communauté, d’une communion spirituelle entre Dieu et les hommes, et entre les hommes eux-mêmes. Cette communauté ne se rencontre que dans l’Eglise !

Que puis-je faire ?

Vous vous dites peut-être : « Mais, que puis-je faire ? Je suis seul. Parfois, il me semble que je suis seul à rester fidèle ! » Je vous répondrais : « Même si cela vous semble vrai, en fait, ce n’est pas vrai ! ! Dieu a toujours eu un peuple de fidèles, même s’ils sont cachés. Paul a dit :

« Je dis donc Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin. Dieu n’a point rejeté son peuple, qu’il a connu d’avance. Ne savez-vous pas ce que l’Ecriture rapporte d’Elie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël : Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels ; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie ? Mais quelle réponse Dieu lui fait-il ? Je me suis réservé sept mille hommes, qui n’ont point fléchi le genou devant Baal. De même aussi dans le temps présent il y a un reste, selon l’élection de la grâce » (Romains 11 :1-5).

Vous pouvez vous dire encore : « Mais, je suis si faible ! Que puis-je faire ? La Bible dit : « Il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi » (2 Cor. 12 :9).

Nous devons nous dégager de notre dépendance du système pastoral.

Nous ne devons jamais « abandonner le fait de nous assembler » (c’est la vraie traduction d’Hébreux 10 :23-25). Pour cela, la première chose que nous devons faire est de bien regarder en face notre dépendance psychologique du système pastoral qui domine l’Eglise moderne. Il faut dire que la Chrétienté évangélique, telle qu’elle est constituée aujourd’hui, a vraiment tout fait pour rendre les saints de Dieu dépendants de « professionnels salariés ». Nous ne voulons nullement manquer de respect envers ceux qui sont « ouvriers de Dieu salariés à plein temps », car il s’agit d’une réalité. Nous voulons seulement dénoncer la manière dont la Chrétienté évangélique a perverti cette réalité, en empêchant tous les saints d’exercer un ministère efficace au sein de l’Eglise.

Voici la triste réalité actuelle : les Chrétiens d’Amérique, qui ont été élevés et formés au sein du « système pastoral » actuel ont perdu toute idée d’exercer leurs propres responsabilités dans la vie normale de l’Eglise. On leur a enseigné qu’ils devaient se contenter de s’asseoir tranquillement sur une chaise, tout au long de l’année, en laissant les « professionnels salariés » enseigner et prendre en charge toutes les fonctions au sein de l’Eglise. Quelle honte, de voir de quelle manière des Chrétiens qui se disent « évangéliques » acceptent de se satisfaire d’un tel système, voire de l’encourager et de le propager. Cette grande vérité biblique de la « prêtrise universelle de tous les Chrétiens », que la Chrétienté du 19e siècle et du début du 20e siècle avait eu tant de mal à remettre en honneur, n’est plus aujourd’hui qu’une doctrine morte, qu’un enseignement qui n’est plus honoré qu’en théorie.

Pourtant, cela n’a rien enlevé à l’universelle vérité de cette doctrine. Tous les Chrétiens sont des prêtres et des sacrificateurs. Ce « tous » inclut aussi les femmes, surtout aujourd’hui, alors que nous connaissons une situation d’urgence (5). Cette doctrine est parfaitement confirmée par l’Ecriture. La Bible dit :

« Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pierre 2 :5).

Elle dit encore :

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pierre 2 :9).

Le Corps de Christ, c’est-à-dire l’Eglise, est un organisme vivant. Elle n’est pas une entreprise ni une structure sans vie. Cela implique que tous les membres de l’Eglise doivent exercer leurs fonctions. Tout comme dans notre corps physique, tous nos organes exercent une fonction précise. Aucun organe n’est inutile. De même, tous ceux qui sont membres du Corps de Christ doivent absolument pouvoir fonctionner en tant que membres de ce Corps. Personne n’a aucune excuse pour ne pas exercer sa fonction de prêtre et de sacrificateur dans la vie de l’Eglise. Tous les membres doivent fonctionner, et tous les prêtres doivent remplir leurs fonctions. Ce n’est que lorsque tous les membres du Corps vont pouvoir fonctionner que nous connaîtrons une véritable vie d’église.

C’est nous qui sommes fautifs.

Si les églises évangéliques n’enseignent plus cette doctrine, c’est parce que nous sommes fautifs, nous qui sommes appelés les « laïcs ». Ce ne sont pas nos responsables qui sont les premiers fautifs. Nous devons nous en prendre à nous-mêmes, à notre paresse et notre négligence, qui ont laissé se mettre en place le système pastoral que nous connaissons. Ce système ressemble en fait à celui du clergé de l’Eglise Catholique Romaine, ou du « pastorat » organisé au sein de toutes les principales dénominations protestantes traditionnelles. C’est ce système qui a fini par s’infiltrer dans nos assemblées chrétiennes. Le « clergé » s’est emparé du pouvoir, alors que nous, les « laïcs », nous avons laissé faire parce que nous dormions.

Il suffirait que tous les « laïcs » se réveillent, retournent aux clairs enseignements de l’Ecriture, et commencent humblement à reprendre en mains leurs responsabilités. Nous découvririons alors les merveilleuses provisions que Dieu a préparées pour nous, pour tous les Chrétiens. Nous comprendrions que nous pourrions recevoir directement nos directives de Dieu Lui-même, sans avoir besoin d’une classe d’intermédiaires ni d’un « clergé » quelconque. C’est ainsi que Dieu nous a créés. C’est pour cela qu’Il nous a donné une nature composée de trois parties !

 

Il s’agit là d’une question extrêmement importante. Car elle nous permet de comprendre comment nous avons pu nous laisser dominer par le système pastoral. C’est aussi une question que la plupart des responsables d’églises ont pris bien soin de ne pas mettre en lumière !

Nous ferions bien d’étudier soigneusement cette question. Car, dès que nous l’aurons comprise, nous pénètrerons dans l’intimité de Christ, et nous pourrons libérer dans notre vie une puissance spirituelle qui bénéficiera à toute l’Eglise. Nous pourrons alors prier avec Paul :

« Afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force » (Ephésiens 1 :17-19).

Quand nous comprenons la triple nature de notre être, nous reprenons l’initiative !

C’est la triple nature de notre être qui nous permet de reprendre l’initiative ! Cela nous permet de comprendre que la vie réelle de l’Eglise, notre communion réelle avec Dieu, dépend de notre marche individuelle avec Christ. Elle ne dépend pas de la manière dont nous sommes encadrés et contrôlés ! Notre vie dans l’Eglise est, en tout premier lieu, une question de marche personnelle avec Dieu ! Il ne s’agit pas en priorité du problème de notre environnement ou de la qualité du groupe qui nous entoure. Il s’agit d’abord d’un problème individuel. La vie d’église commence au cœur d’une relation personnelle avec Dieu, et peut alors s’épanouir dans quelque chose de collectif !

 

C’est pour cette raison précise que nous avons besoin de comprendre la triple nature de notre être complet. Il ne s’agit pas d’une question théorique et académique. La réponse que nous donnerons à cette question conditionnera directement la qualité des initiatives que nous prendrons au sein de l’Eglise. C’est nous qui devons prendre l’initiative, que nous soyons un homme ou une femme, riche ou pauvre, Russe ou Chinois. Nous ne sommes pas des éternels perdants qui passent leur temps « en attendant Godot » (6), ou quelque autre personne ! Ce qui se passe dans l’Eglise concerne chacun de ses membres en particulier ! Où que nous soyons, dans quelque situation difficile où nous pouvons nous trouver, c’est toujours nous qui devrons prendre l’initiative, quand il s’agit de la vie de l’Eglise.

Esprit, âme et corps.

L’Eglise primitive enseignait que l’homme possède une nature triple.

La plupart des théologiens de l’Eglise primitive considéraient que l’homme est un être composé de trois parties. Même encore à l’époque assez tardive de Saint Augustin (354-430), on considérait en général que l’homme était composé de trois parties : le corps, l’âme et l’esprit. Dans son ouvrage « Foi et Credo », Saint Augustin a écrit : « L’homme comprend trois parties : l’esprit, l’âme et le corps » (Foi et Credo, XX :23).

Mais lorsque la théologie de l’Eglise Catholique a commencé à prendre le contrôle de l’Eglise, la plupart des théologiens ont abandonné cette conception, pour commencer à affirmer que l’homme n’était composé que de deux parties : l’âme et le corps. L’esprit n’était plus qu’une autre manière de définir l’âme. Cette conception a constitué l’opinion dominante pendant des siècles. Elle est toujours la conception communément admise dans l’Eglise Catholique Romaine, et dans la plupart des églises Protestantes issues de la Réforme, comme l’Eglise Réformée, l’Eglise Luthérienne, l’Eglise Episcopalienne, l’Eglise Presbytérienne, etc… Il est intéressant de souligner que toutes ces églises ont aussi adopté une conception post-millénariste de l’eschatologie. Selon cette conception, l’Eglise doit conquérir le monde avant que Jésus-Christ puisse retourner sur la terre. Il est pourtant intéressant de noter que Martin Luther, le père de la Réforme, était un ardent partisan de la triple nature de l’homme.

Les Frères de Plymouth, les églises évangéliques et la triple nature de l’homme.

Au début des années 1800, avec l’essor des églises évangéliques, et, tout particulièrement des églises de Frères de Plymouth, considérées comme étant à l’origine du mouvement évangélique, avec John Nelson Darby, on vit revivre la conception de la triple nature de l’homme, ainsi que celle du pré-millénarisme. Les livres de Clarence Larkin (comme « Dispensational Truth », publié en 1918), présentent des tableaux détaillés et des explications très précises concernant la triple nature de l’homme. Grâce à des livres comme celui de Hal Lindsay « Late Great Planet Earth » (L’agonie de notre vieille planète)(1962), les enseignements de Darby furent popularisés et largement acceptés dans toutes les églises conservatrices, tout au long du 20e siècle. Toutefois, avec le développement du mouvement œcuménique, et l’engagement politique des Catholiques et des Protestants pour « conquérir le monde pour Christ et pour l’Eglise », le post-millénarisme, associé à la conception de la double nature de l’homme, ont refait surface.

La triple nature de l’homme dans les Ecritures.

Les Ecritures enseignent constamment que l’homme est composé de trois parties. Il est évident que l’homme possède un corps. Mais il est tout aussi évident de voir que l’homme possède aussi une âme et un esprit, tout au moins si l’on accepte de lire les Ecritures d’une manière littérale. La Bible semble faire une claire différence entre l’âme et l’esprit. Considérez par exemple les versets suivants, qui nous montrent que l’homme possède un esprit (« pneuma » en Grec) :

  1. « Le souffle (mot à mot : l’esprit) de l’homme est une lampe de l’Eternel ; il pénètre jusqu’au fond des entrailles » (Prov. 20 :27).
  1. « L’esprit est bien disposé… » (Matthieu 26 :41).
  1. « Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux » (Marc 2 :8).
  1. « Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit : » (Marc 8 :12).
  1. « Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur » (Luc 1 :47).
  1. « Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému » (Jean 11 :33).
  1. « Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus » (Actes 18 :25).
  1. « Et maintenant voici, lié par l’Esprit (NdT : le « E » n’est pas mis en majuscule dans le texte original), je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m’y arrivera » (Actes 20 :22).
  1. « Dieu, que je sers en mon esprit » (Rom. 1 :9).
  1. « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rom. 8 :16).
  1. « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? » (1 Cor. 2 :11).
  1. « Car ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre » (1 Cor. 16 :18).
  1. « Nous avons été réjouis beaucoup plus encore par la joie de Tite, dont l’esprit a été tranquillisé par vous tous » (2 Cor. 7 :13).
  1. « Que le Seigneur soit avec ton esprit ! » (2 Tim. 4 :22).

Le fait que l’homme ait aussi une âme (« psuchè » en Grec) est évident, quand on considère les passages suivants

  1. « Pourquoi t’abats-tu, mon âme » (Psaume 42 :5).
  1. « Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort » (Mat. 26 :38).
  1. « Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur » (Luc 1 :46).
  1. « Maintenant mon âme est troublée » (Jean 12 :27).
  1. « La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme » (Actes 4 :32).
  1. « Or, je prends Dieu à témoin sur mon âme » (2 Cor. 1 :23).
  1. « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes » (Héb. 13 :17).
  1. « Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère » (1 Pierre 1 :22).
  1. « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme » (1 Pierre 2 :11).

On doit noter, à cet égard, que le mot Hébreu traduit par « esprit » est « ne shamah », ce qui signifie « vent », ou « souffle », et que le mot Hébreu traduit par « âme » est « nephesh », ce qui signifie « être vivant ». Ce sont deux mots complètement différents, dont les significations sont très différentes. De même, le mot Grec traduit par « esprit » est « pneuma », ce qui signifie « vent », ou « souffle », alors que le mot Grec traduit par « âme » est « psuchè », qui signifie « être vivant ». Là encore, il s’agit, comme en Hébreu, de deux mots entièrement différents, aux significations distinctes. « Ne shamah » correspond à « pneuma », et « nephesh » à « psuchè ».

Il est écrit dans Genèse 1 :26-27 : « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme ». Etant donné que Dieu est un Etre unique composé de trois Personnes, Il a créé l’homme à Son image, c’est-à-dire un être composé de trois parties, l’esprit, l’âme et le corps.

Qu’est-ce que l’esprit de l’homme ?

Si l’esprit de l’homme est différent de son âme, qu’est-ce donc que cet esprit ? Notre esprit est notre « homme intérieur » (Ephésiens 3 :16). C’est la partie de notre être qui a été conçue pour nous permettre de communier avec Dieu, afin que : « vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu » (Ephésiens 3 :18-19).

C’est notre esprit qui possède « la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu », selon 1 Pierre 3 :4). C’est justement cet « homme intérieur » qui différencie l’homme des animaux.

Ce qui différentie l’homme des animaux.

Les animaux n’ont pas la possibilité de communier avec Dieu. Ils n’ont pas été créés pour cela. Seul l’homme bénéficie de cette possibilité. Si l’homme n’était composé que d’une âme et d’un corps, on pourrait être d’accord avec les activistes radicaux des « droits des animaux », qui affirment que peu de choses séparent l’homme de l’animal. Après tout, les animaux aussi peuvent aimer, haïr, réfléchir, raisonner, penser… Ils ont donc une âme ! Il n’est pas possible d’affirmer qu’ils n’en ont pas, et qu’ils ne réagissent qu’à des stimuli, comme des plantes. Les plantes n’ont qu’un corps, mais pas d’âme, ne pensent pas, n’aiment pas, ne raisonnent pas, contrairement aux animaux et aux hommes. Les plantes ne réagissent qu’à des stimuli. Elles sont vivantes, mais elles n’ont pas d’âme. Elles n’ont certainement pas d’esprit non plus.

L’âme et l’esprit.

Il est important de comprendre la différence entre l’âme et l’esprit, parce que c’est notre esprit qui nous permet de connaître Dieu. C’est aussi là qu’Il nous parle par Son Saint-Esprit. C’est dans notre esprit que nous pouvons communier avec Dieu. C’est aussi dans notre esprit que nous devons adorer Dieu. C’est pour cela que Jésus a dit :

« Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4 :24).

Notre esprit est plus profond que notre âme. Il est plus profond que nos pensées habituelles. Il est plus profond que les émotions que nous extériorisons et que nous projetons sur les autres. Notre esprit est un lieu de retraite où nous pouvons toujours trouver le bonheur et la joie en Christ, d’une manière complètement indépendante de nos circonstances extérieures. C’est de cela dont parle Paul dans 2 Cor. 6 :10, lorsqu’il déclare qu’il est, en tant que serviteur de Christ, « comme attristé », tout en étant « toujours joyeux ». Son âme était attristée, en raison des circonstances pénibles qu’il traversait, mais il se réjouissait sans cesse dans son esprit, parce qu’il pouvait y trouver une communion constante avec le Seigneur Jésus-Christ.

Paul ajoute :

« Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus » (2 Cor. 4 :8-9)

Rien ne pouvait priver Paul de la confiance profonde et de la paix qu’il expérimentait dans son esprit. Pourtant, dans son âme, il était souvent désorienté et dans la détresse. Certains ont comparé cela à une tempête qui fait rage à la surface de l’océan. Pourtant, dès que nous descendons sous les vagues, tout est calme et paisible. Nous oublions souvent cela, et nous tentons d’échapper à la tempête en restant à la surface (dans notre âme), là où se déchaînent les vagues de la confusion et de la crainte, au lieu de faire confiance à Christ dans notre esprit. C’est dans notre esprit que nous pouvons avoir cette « paix qui surpasse toute connaissance » (Phil. 4 :7). Cette paix est à nous, parce que Christ demeure dans notre esprit. Quand nous avons rencontré Dieu pour la première fois, ce fut dans notre esprit, lorsque le Saint-Esprit nous a convaincu de péché. Quelle gloire, lorsque nous avons rencontré Christ pour la première fois ! Peut-être que notre intellect et notre âme ne comprenaient pas ce qui se passait, mais, dans les profondeurs de notre esprit, nous savions que l’Evangile était la vérité, et que nous avions besoin d’un Sauveur. C’était Dieu qui parlait à notre esprit !

Contempler et refléter le Seigneur.

C’est dans notre esprit que nous pouvons avoir conscience de Dieu. Certains ont dit que c’était dans notre esprit que nous pouvions avoir conscience de Dieu, dans notre âme que nous pouvions avoir conscience de nous-mêmes, et dans notre corps que nous pouvions être conscients du monde physique, par nos sens. La sanctification consiste à soumettre notre âme à notre esprit, qui contemple et reflète le Seigneur. Quand nous faisons cela, nous pouvons manifester Dieu au monde, au travers de nous. C’est ce que voulait dire Paul dans le passage suivant :

« Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit » (2 Cor. 3 :18).

Dans tout cela, il est extrêmement important de comprendre ce que la Bible veut dire quand elle nous dit que nous devons être « un avec Dieu ». Par exemple, lorsque Jésus a dit :

« Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jean 17 :20-21).

Quand nous « contemplons et reflétons Dieu » dans notre esprit, cela ne signifie absolument pas que nous tombons dans une sorte de transe, pour être un « canal » pour Dieu, à la façon des adeptes du Nouvel Age, ou de certains adeptes de la « Pluie de l’Arrière Saison » et du Mouvement Restauration ! Quand la Bible parle de notre unité avec Dieu, elle parle d’une unité dans la communion. Elle ne veut pas dire que nous devenons « un » avec Dieu, d’une manière absolue ! Dieu et l’homme ne fusionnent pas pour former un seul Etre ! Ils deviennent un dans la communion. Cette communion exige une participation active et vibrante de notre âme et de notre intellect, qui doivent être concentrés et fixés sur la Parole de Dieu, la Bible. Par exemple, dans Ephésiens 5 :25-32, Paul écrit :

« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, parce que nous sommes membres de son corps. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise ».

Il est important de noter qu’un mari et son épouse ne fusionnent pas pour former un seul être. Tous deux continuent à maintenir leurs caractéristiques distinctes. L’épouse reste une femme, et son mari reste un homme. Tous deux conservent leur identité propre. Ils ne forment pas un être hybride « unisexe » !

Comment deviennent-ils donc « un » ? Ils deviennent un dans la communion qui s’instaure entre eux ! C’est aussi ce qui se produit entre l’homme et Dieu. De même que le mari et son épouse deviennent un quand ils se marient, ainsi, Dieu et l’homme deviennent un dans la communion ! C’est précisément pour cela que la Bible dit : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Eglise« . L’homme ne fusionne pas avec Dieu, pour devenir une sorte de « petit dieu » ou de « petit Jésus », comme l’affirment Kenneth Hagin ou Benny Hinn. Il s’agit d’une unité dans la communion, dans laquelle notre personnalité et notre intellect sont pleinement impliqués !

 

C’est en cela que consiste la véritable sainteté. Il ne s’agit pas d’entrer dans une sorte de Nirvana avec Dieu, ni d’apprendre des formules que nous donnent les conseillers et psychologues chrétiens, pour réussir notre vie de couple, être un bon père ou une bonne mère, etc… Mais il s’agit d’une véritable communion avec Dieu. Cette communion passe par une relation vivante avec Sa Parole, la Bible. En avançant dans cette voie, nous reflèterons de plus en plus le Seigneur, aux yeux de tous ceux qui nous approcheront.

Ainsi, en contemplant et en reflétant Dieu dans notre esprit, nous deviendrons automatiquement un père aimant, parce que Dieu est un Père aimant. Nous deviendrons automatiquement une mère aimante, parce que Dieu est aussi une Mère aimante ! Nous deviendrons automatiquement un époux aimant ou une épouse aimante, parce que Dieu est Lui-même un Epoux rempli d’amour. C’est exactement de cette manière que notre Seigneur Jésus Se comportait dans le monde, parce qu’Il marchait avec Son Père. Jésus a dit :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement » (Jean 5 :19).

Demeurer dans le Seigneur.

C’est ce que Jésus nous a demandé de faire : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples » (Jean 15 :4-8).

Le problème n’est pas de « travailler pour Christ », il est de « demeurer » en Christ. Il ne s’agit pas de « faire », mais de « contempler et de refléter » !

Post-millénarisme et double nature de l’homme. Pré-millénarisme et triple nature de l’homme.

Nous abordons à présent une dernière question, très importante. Je crois que ce n’est pas sans raison que les pré-millénaristes croient que l’homme possède une triple nature, et que les post-millénaristes croient qu’il possède une double nature. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un simple hasard. Historiquement, chaque fois que les pré-millénaristes ont prédominé dans l’Eglise, la conception de la triple nature de l’homme a prédominé également. Chaque fois que les post-millénaristes ont prédominé, la conception de la double nature de l’homme a prédominé également. Il existe donc un rapport étroit entre le pré-millénarisme et la triple nature de l’homme, comme entre le post-millénarisme et la double nature de l’homme.

Les post-millénaristes sont engagés dans un effort collectif pour accomplir une œuvre pour Christ, notamment conquérir le monde pour Christ. Un tel effort implique une attitude arrogante, qui flatte l’ego charnel. Ceux dont l’esprit est fixé sur Christ ne peuvent pas accepter une telle pensée ! Elle n’émane pas d’un esprit occupé à « contempler et refléter Christ. Elle ne peut émaner que d’une âme qui, au mieux, n’a qu’une connaissance intellectuelle du Seigneur. Ceux qui contemplent véritablement le Seigneur dans leur esprit ne peuvent pas manifester une telle arrogance, qui leur fait dire : « Je veux accomplir une œuvre pour Dieu ! » Ce genre de raisonnement ne peut émaner que de « l’orgueil de la vie », qui appartient à l’esprit de ce monde. La Bible dit : « Car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde » (1 Jean 2 :16).

Ceux qui ont vraiment contacté le Seigneur ne peuvent pas être aussi arrogants et prétentieux ! Moïse a vu Dieu, mais il s’est caché le visage, parce qu’il était dans la crainte :

« L’Eternel vit qu’il se détournait pour voir ; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu » (Exode 3 :4-6).

Y avait-il place pour le moindre « orgueil de la vie » dans son attitude ?

Esaïe, lui aussi, a vu le Seigneur. Aussitôt, il a reconnu à quel point il était petit et insignifiant devant Dieu :

« L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple… Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées » (Esaïe 6 :1, 5).

Etait-ce une attitude orgueilleuse ? Avait-il la pensée de « faire une œuvre pour le Seigneur » ? Il faut que nos œuvres soient faites par le Seigneur, au travers de nous !

L’apôtre Jean a aussi vu le Seigneur. Pourtant, il avait appuyé sa tête contre l’épaule du Seigneur, lors du dernier repas pris avec Lui. Jean est « tombé sur sa face, comme mort » :

« Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, comme le son d’une trompette, qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Eglises, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée… Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant : Ne crains point ! » (Apoc. 1 :10-11, 17).

Notre Dieu est un Dieu redoutable.

Oui, le Tout-Puissant est notre Père rempli d’amour, mais Il est aussi un Dieu redoutable ! Dans nos relations avec Lui, il n’y a aucune place pour l’impertinence ou la familiarité superficielle, telles que Benny Hinn peut les manifester avec autant d’arrogance dans ses prédications. Même si nous jouissons d’une relation d’amour avec Lui, ce qui n’est certainement pas le cas de Benny Hinn. Dieu n’est pas appelé « Seigneur » pour rien ! Il est le Maître, le Souverain ! Job, qui était pourtant l’ami de Dieu, a dû péniblement apprendre cette leçon ! Qui sommes-nous donc pour dire au Seigneur que nous allons accomplir des œuvres pour Lui ? Quelle arrogance monstrueuse ! Ceux qui disent cela ne font que démontrer qu’ils n’ont aucune relation réelle avec Dieu, et que leur soi-disant relation avec le Seigneur n’est que vaine prétention.

« L’Eternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ? Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t’interrogerai, et tu m’instruiras. Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ?… Depuis que tu existes, as-tu commandé au matin ? As-tu montré sa place à l’aurore, pour qu’elle saisisse les extrémités de la terre, et que les méchants en soient secoués ?… Les portes de la mort t’ont-elles été ouvertes ? As-tu vu les portes de l’ombre de la mort ? As-tu embrassé du regard l’étendue de la terre ? Parle, si tu sais toutes ces choses… Es-tu parvenu jusqu’aux amas de neige ? As-tu vu les dépôts de grêle, que je tiens en réserve pour les temps de détresse, pour les jours de guerre et de bataille ?… Est-ce par ton ordre que l’aigle s’élève, et qu’il place son nid sur les hauteurs ?… Celui qui dispute contre le Tout-Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réplique à faire ? Job répondit à l’Eternel et dit : Voici, je suis trop peu de chose ; que te répliquerais-je ? Je mets la main sur ma bouche… L’Eternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t’interrogerai, et tu m’instruiras. Anéantiras-tu jusqu’à ma justice ? Me condamneras-tu pour te donner droit ?… Orne-toi de magnificence et de grandeur, revêts-toi de splendeur et de gloire ! Répands les flots de ta colère, et d’un regard abaisse les hautains ! D’un regard humilie les hautains, écrase sur place les méchants, cache-les tous ensemble dans la poussière, enferme leur front dans les ténèbres ! Alors je rends hommage à la puissance de ta droite (Job, 38, 39 et 40).

L’état d’esprit des post-millénaristes.

Pourtant, les post-millénaristes disent qu’ils vont conquérir le monde pour Christ. En disant cela, ils révèlent qu’ils n’ont jamais réellement connu le Seigneur. En vérité, ce n’est pas sans raisons que certains entendront un jour ces paroles terribles : « Je ne t’ai jamais connu ! » (C’est-à-dire : Je n’ai jamais eu de relation intime avec toi !)

« Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » (Matthieu 7 :22-23). (Il faut noter ici qu’il ne s’agit pas de pécheurs grossiers, mais de gens qui pensaient « faire des œuvres pour Dieu »).

Leur relation avec Dieu est tout entière au niveau de l’âme, et n’a rien de spirituel. Parce qu’ils ne savent rien de l’esprit. Ils ne savent pas « contempler et refléter » le Seigneur. Il est donc normal qu’ils croient en la double nature de l’homme. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pour les post-millénaristes, l’Eglise est plus importante que Christ.

Les post-millénaristes (et donc, ceux qui pensent que l’homme n’a qu’une nature double) mettent l’accent sur les œuvres, et non sur la vie de Christ, sur le fait de « faire » et non de « refléter ». Bien plus, ils considèrent l’Eglise d’une manière entièrement différente de celle des pré-millénaristes. Les post-millénaristes placent l’Eglise avant l’individu. L’individu est considéré comme étant au service de l’Eglise. Pour eux, notre intimité avec Dieu est déterminée par notre relation à l’Eglise. En d’autres termes, les post-millénaristes commencent avec la collectivité, et finissent avec l’individu. Il n’en est pas de même pour les pré-millénaristes et ceux qui soutiennent que l’homme a une triple nature. Ils commencent par l’individu, et finissent par l’Eglise.

Cela peut sembler superflu, mais il est important de comprendre de quelle manière Christ demeure dans l’Eglise. Il demeure dans l’Eglise parce qu’Il demeure dans les individus qui composent l’Eglise. Christ ne demeure pas dans l’Eglise comme si elle constituait une entité séparée en elle-même. Il demeure dans l’Eglise au travers des individus qui la constituent ! Il est important de remarquer que nous ne sommes pas en train d’éliminer ou de minimiser l’Eglise dans le plan de Dieu. Nous voulons simplement dire que l’Eglise commence par des individus !

Toutefois, pour les post-millénaristes, c’est l’Eglise, et non Christ, qui doit instaurer le Royaume de Dieu sur la terre. Christ est considéré comme un simple « Observateur » dans les cieux, pendant que les Chrétiens font tout le travail sur la terre ! Le post-millénarisme minimise grandement le rôle des individus, pour mettre l’accent sur la collectivité.

Pour les post-millénaristes, la collectivité est tout. C’est pour cela qu’ils mettent tant l’accent sur l’unité. Mais il ne s’agit pas d’une unité qui découle naturellement de notre communion spirituelle individuelle avec Christ, lorsque nous Le contemplons et Le reflétons dans notre esprit. Il s’agit d’une unité construite par une action extérieure, par l’action des responsables de l’Eglise (anciens, pasteurs, « apôtres », prophètes », etc…) Il s’agit d’une unité extérieure produite par la conformité, non de l’unité qui découle de la vie de Christ dans notre esprit.

L’unité des post-millénaristes dépend d’une hiérarchie.

L’unité des post-millénaristes dépend d’une hiérarchie, de l’organisation d’un corps de responsables, dépendant les uns des autres au sein d’une pyramide géante, qui met l’accent sur le rang et la position. C’est précisément de cette manière que le monde s’organise. Plus on est élevé dans la hiérarchie, et plus on est « près » de Dieu ! On doit se « soumettre » à tous ceux qui sont « au-dessus », et dominer sur tous ceux qui sont « au dessous ». Notre spiritualité se mesure à notre degré de soumission à l’autorité établie. En fait, on nous demande de nous soumettre à un esprit de contrôle et de domination !

L’ordre promu par les post-millénaristes est fondé sur une discipline de type militaire, une discipline mise en œuvre par une chaîne de commandement. L’idée que tous les hommes puissent avoir un accès égal à Dieu par le Saint-Esprit qui demeure dans leur esprit (c’est l’idée fondamentale de la triple nature de l’homme) est une hérésie abominable pour les post-millénaristes ! Elle ruine l’ordre militaire dont ils ont besoin ! Le fait de croire que chaque Chrétien possède un esprit qui peut être dirigé individuellement par le Saint-Esprit qui demeure en lui, sans avoir à recourir à une « autorité extérieure », représente une menace pour la structure pyramidale mise en place par les post-millénaristes ! Pour eux, admettre que l’homme puisse avoir une triple nature fait échapper celui-ci à la nécessité de dépendre d’une autorité humaine pyramidale, et sape complètement les fondements de leur système rigide. Pour les post-millénaristes, l’idée que chaque Chrétien puisse « connaître » Dieu personnellement dans son esprit, sans dépendre de l’autorité d’une hiérarchie supérieure, est une abomination et un sacrilège !

Le concept de la triple nature de l’homme s’oppose à toute hiérarchie humaine.

Pourtant, Jésus n’a pas enseigné que nous devions dépendre d’une telle hiérarchie. Il a même enseigné exactement le contraire. Il a dit :

« Jésus les appela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Matthieu 20 :25-28).

Au lieu d’enseigner que nous devons dépendre d’une hiérarchie humaine extérieure, Jésus a dit :

« Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés » (1 Jean 2 :27).

En quoi consiste exactement cette onction ? Jésus nous l’a dit : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14 :26).

Il a ajouté : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi » (Jean 15 :26).

Pour Jésus, le ministère du « Consolateur », en faveur de chaque Chrétien, était d’une importance capitale. Ce ministère devait s’exercer en-dehors de toute forme de hiérarchie humaine. A tel point que Jésus a dit :

« Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai » (Jean 16 :5-7).

L’importance de notre marche personnelle avec Christ.

La triple nature de l’homme nous permet de comprendre l’importance de la marche personnelle du Chrétien avec Christ. Ce n’est pas pour dire que notre marche collective avec les autres Chrétiens n’est pas importante. Mais c’est bien notre marche personnelle avec Christ qui constitue le point de départ de toutes nos relations dans l’Eglise. Selon la conception de la triple nature de l’homme, tous les Chrétiens, quelle que soit leur intelligence, leur position dans la société ou dans l’Eglise, ont un même accès auprès de Dieu, par le Saint-Esprit qui demeure dans leur esprit humain. C’est de cette manière que tous les sarments de la vigne ont un accès égal à la sève que leur transmet le cep. Jésus a dit :

« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15 :5).

De son côté, l’apôtre Jean a dit :

« Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui » (1 Jean 2 :28).

Voici le secret : demeurer en Lui ! C’est là que tout commence ! Ce n’est pas notre intellect qui est important, ni notre formation théologique (bien que nous ne négligions pas l’intellect, ni une bonne formation biblique), ni nos succès dans le monde. Mais ce qui est important, c’est de demeurer en Lui et dans Sa Parole, la Bible. Si un Chrétien fait cela, tout le reste suivra, y compris une relation d’amour vibrante avec les autres, ainsi qu’une vie d’église pleinement réussie.

L’individu et l’Eglise.

Oui, mille fois oui ! L’Eglise est importante ! La Bible dit même que l’Eglise est l’Epouse de Christ (Apoc. 21 :9). Mais nous ne devons jamais oublier que c’est l’Eglise qui procède du Seigneur, et non le Seigneur qui procède de l’Eglise. Le Seigneur vient d’abord, l’Eglise ensuite. C’est de notre relation individuelle avec le Seigneur que dépend la qualité de notre vie d’église. Si notre marche personnelle avec le Seigneur est défectueuse, notre vie d’église sera défectueuse ! Et tous les séminaires auxquels nous assisterons, tous les livres que nous lirons, et toutes les prédications que nous écouterons, ne serviront à rien ! Mais lorsque les Chrétiens contemplent et reflètent la gloire du Seigneur, alors c’est aussi toute l’Eglise qui reflète la splendeur du Seigneur. Il n’y a pas d’autre moyen d’y parvenir ! En d’autres termes, la santé d’un corps humain dépend de la santé des cellules de son corps, et non l’inverse. Si toutes les cellules de notre corps sont saines, alors tout notre corps sera sain. Alors que le contraire n’est pas vrai.

 

Certains parlent de l’Eglise comme si elle avait une identité propre, indépendamment de la condition spirituelle de ses membres. Mais l’Eglise n’a aucune vie propre. Elle n’a la vie que parce que ses membres individuels ont la vie. L’Eglise n’aurait aucune vie, si ses membres n’avaient pas la vie. L’Eglise ne reflète la gloire de Dieu que dans la mesure où ses membres individuels « contemplent et reflètent » la gloire du Seigneur ! Paul a dit :

« Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près ; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit » (Ephésiens 2 :17-22).

Selon Paul, l’ordre normal est le suivant : tout commence au niveau des membres individuels de l’Eglise, qui doivent avoir une communion personnelle, dans leur esprit, avec le Saint-Esprit, le Consolateur donné par Dieu. Et c’est grâce à cette communion avec Dieu dans notre esprit que nous sommes tout naturellement, et sans effort, introduits dans l’unité, et édifiés ensemble pour être un Temple saint du Seigneur, l’Eglise.

En résumé.

Ce n’est pas sans raison que nous avons passé beaucoup de temps à parler de notre marche individuelle avec Christ, et de notre triple nature, qui rend cette marche possible. La raison est simple : L’Eglise ne commence pas par une « collectivité ». Elle commence par des individus !

 

C’est notre marche individuelle avec Christ qui rend possible la vie d’Eglise, et pas l’inverse. Contrairement à ce que beaucoup enseignent aujourd’hui, l’Eglise n’a pas besoin d’être organisée de l’extérieur. L’Eglise ne commence pas à vivre quand vous payez la dîme ! Elle vit quand chacun de ses membres a la vie.

Tout commence par le Chrétien individuel, et tout continue par l’Eglise ! C’est chaque Chrétien individuel qui passe par la nouvelle naissance, et non l’Eglise, en tant que collectivité. C’est chacun de nous qui reçoit la vie de Christ, et non la notion abstraite appelée « Chrétienté ». C’est donc au niveau individuel de chaque Chrétien que commence la vie de l’Eglise. L’Eglise n’a aucune réalité propre, en dehors de la vie qui se trouve dans chaque Chrétien. Elle n’existe pas en tant qu’entité séparée des Chrétiens, dans laquelle nous devrions pénétrer avec peine. Si nous sommes Chrétiens, nous faisons partie de l’Eglise.

Quelles sont les conséquences pratiques pour nous ?

Quelles sont les conséquences pratiques de tout cela pour nous tous ? Les voici, chers Chrétiens : Même si vous êtes seuls et s’il vous semble que vous êtes coupés de toute communion fraternelle, cela ne vous empêche pas de marcher droit avec le Seigneur ! Prenez soin de votre marche personnelle avec Christ, apprenez à contempler et à refléter le Seigneur, et finalement, lorsque ce sera le moment, vous serez conduits dans la vie de l’Eglise. Des Chrétiens et des non-Chrétiens seront attirés vers vous. Vous commencerez à vous réunir avec ces personnes, et l’Evangile sera prêché. (Parfois, il se peut que vous ne puissiez même pas prêcher l’Evangile). Mais vous verrez que vous serez tout naturellement conduits dans la vie de l’Eglise, dans votre foyer, dans votre travail, et hors de votre travail.

Tout commence quand vous « contemplez et reflétez » le Seigneur. Comme Marie, nous devons apprendre à « pratiquer la présence de Christ ».

« Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit : Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée » (Luc 10 :38-42).

Nous le répétons : la vie de l’Eglise ne peut être pas produite par nos efforts personnels. Elle est produite naturellement, quand nous pratiquons tous « la présence de Christ ». Quand chaque Chrétien parviendra à contempler et à réfléchir le Seigneur dans sa vie personnelle, l’Eglise va se manifester et grandir, aussi certainement que les raisins sont produits par le cep, en leur temps. Ce n’est donc pas sans raison que Jésus a dit :

« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15 :5)

C’est aussi pour cela que Jésus a dit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée ».

Ce que Dieu a fait dans la vie de Marie, et dans la vie des premiers apôtres, Il peut le faire aussi dans votre vie ! Car cela commence par vous personnellement ! ! Dieu vous appelle, et tout ce que vous devez faire est répondre à cet appel. Personne ne peut répondre pour vous. C’est une question personnelle, comme celle que Dieu adressa au prophète Esaïe, il y a bien longtemps : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? Esaïe répondit : « Me voici, envoie-moi » (Esaïe 6 :8).

En ce qui concerne cet appel personnel, nous devons comprendre que Dieu n’a pas adressé Son appel qu’à Esaïe seulement. Comment Esaïe a-t-il donc entendu l’appel de Dieu ? Il l’a entendu, parce qu’il se tenait dans la présence de Dieu. C’est pour cela qu’il a entendu Dieu l’appeler. Esaïe avait l’habitude de marcher près de Dieu, et dans une communion intime avec Lui. C’est pour cela qu’il a entendu l’appel du Seigneur. Comme l’a dit Oswald Chambers, Dieu ne veut pas seulement appeler telle personne en particulier, pour l’envoyer marcher pour Lui. Esaïe se tenait en présence de Dieu, et c’est pour cela qu’il a entendu Son appel. Il a aussi compris qu’il n’y avait rien d’autre à faire pour lui que de répondre : « Me voici, envoie-moi ». (7)

Comme l’a dit Chambers, vous devez vous débarrasser de l’idée que Dieu va venir vous supplier. Quand le Seigneur a appelé Ses disciples, ils n’ont pas été soumis à une pression extérieure irrésistible. C’est avec une insistance paisible mais passionnée que le Seigneur a parlé à des hommes et des femmes pour leur dire : « Suis-Moi ! ». Si nous laissons le Saint-Esprit nous conduire face-à-face avec Dieu dans notre esprit, nous entendrons, nous aussi, le même appel qu’Esaïe, et la même douce voix de Dieu. C’est en toute liberté que nous répondrons, nous aussi : « Me voici, envoie-moi ! ».

Dieu ne nous imposera jamais une décision. C’est toujours à nous de répondre en toute liberté. Mais Paul a dit que c’est la manière dont nous répondrons à cet appel qui déterminera si nous serons honteux ou non à Son avènement. Paul a dit :

« Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ, selon ma ferme attente et mon espérance que je n’aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort ; car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain » (Phil. 1 :19-21).

Oui, il faut que l’Eglise se manifeste ! Mais elle ne se manifestera pas à la suite d’efforts humains extérieurs, ou par notre conformité à la volonté des organisations humaines. Elle ne sera pas produite par des hiérarchies et des bureaucraties. Elle ne sera pas produite par des efforts et des tentatives humaines. Elle sera produite si nous marchons avec Christ, chacun pour notre part.

Oui, le Seigneur Se réserve des témoins fidèles dans ces derniers jours, des témoins qui, ensemble, vont constituer la « grande moisson de l’Agneau ». Il est écrit dans la Bible :

« Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte, en disant : Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l’agneau. Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants ; et ils se prosternèrent sur leurs faces devant le trône, et ils adorèrent Dieu, en disant : Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, l’action de grâces, l’honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen ! Et l’un des vieillards prit la parole et me dit : Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ? Je lui dis : Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation ; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau » (Apoc. 7 :9-14).

Tout commence par notre marche personnelle avec Christ. Nous en reparlerons plus loin. Il suffit pour le moment de dire si vous voulez vivre cela ! Il est écrit dans la Bible :

« Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit : Le Royaume de Dieu est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant : Dites aux conviés : Voici, j’ai préparé mon festin ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s’inquiéter de l’invitation, ils s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic… Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes ; mais les conviés n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez » (Matthieu 22 :1-5, 8-9).

Rappelez-vous toujours que l’Eglise, qui est le témoignage de Dieu, ne commence pas par les efforts déployés par des organisations et des hiérarchies. Elle commence par notre marche personnelle avec Christ. Si tous les Chrétiens veillaient à leur marche personnelle avec Christ, si chacun pratiquait la « présence de Christ », comme certains Chrétiens anonymes l’ont fait en lavant humblement leur vaisselle ou en accomplissant les « petites » actions de leur vie quotidienne, nous verrions l’Eglise sa manifester !

Que Dieu vous bénisse tous !

 

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2 Responses to A48b – Eglises de la fin des temps. 2) Comment se libérer du système pastoral

  1. Joy dit :

    Grand merci pour cet article ma chère Flo!
    La vérité détaillée avec amour… Je vais publier la série d’enseignements et je vais envoyer par email…
    Ce qui manque souvent à beaucoup de ceux qui sont sortis du système pyramidal, c’est de dénoncer mais sans approfondir l’essentiel. Tout commence par la relation intime individuelle du chrétien qui demeure en Christ… L’Eglise de Jésus-Christ se construit avec des hommes et des femmes qui vivent et demeurent en Christ…
    Beaucoup sortent du système pastoral et pyramidal dans la rébellion sans une vraie et profonde communion avec le Seigneur Jésus… Certains même ne sont pas réellement nés de nouveau…
    Du coup, le Seigneur ne peut pas mettre dans le coeur sa compassion pour que ceux qui sont dans l’ignorance soient enseignés et amenés à la vérité de la Parole avec le coeur du Père qui veut sauver et non condamner pendant qu’il en est temps.
    Cela devient une condamnation en pensant ne pas en faire partie… Et pourtant, le Seigneur regarde au coeur et non à l’apparence (d’être sorti d’un système)… Que nos vies réflètent la nature de Christ… et puissent attirer beaucoup d’autres à sortir de ce système humain, charnelle et diabolique.
    Unis dans l’Amour du Seigneur Jésus.

  2. Flo dit :

    Chère Joy,
    Oui c’est vrai ce que tu dis en rapport à l’amertume (que j’ai aussi connue pendant un temps quand je suis sortie du système), car je ne connaissais pas encore ces enseignements puissants sur la fin des temps, l’apostasie… et j’étais jeune convertie, mon coeur était encore dur à de nombreux endroits… Mais j’ai tout de même su immédiatement que Jésus me prenait lui même la main pour m’attirer à l’extérieur. C’est ce qui m’a aidée à persévérer malgré toutes les souffrances que j’ai endurées alors.
    Il y avait celles issues de ma propre amertume certes, mais je l’avais immédiatement confiée au Seigneur alors cela n’était qu’une histoire de quelques instants. Mais aussi et surtout de l’incompréhension, de voir comment les membres pastoraux eux-mêmes qui étaient dépourvus de ce véritable Amour du Seigneur, pouvaient prétendre « enseigner »… Sur quels fondements me disais-je ?
    Que mes semblables là-bas, étaient comme « hypnotisés » par la chaire et ceux qui y prêchaient, (j’y ai vu l’idolâtrie en puissance), mais sans les voir porter véritablement le fruit de l’Esprit autour d’eux, et pour cause !
    J’étais complètement désespérée de voir de la religiosité à la place de la manifestation de l’Esprit, et quand j’ai discerné les mensonges et le péché qui pouvaient ainsi croître, alors là, ce fut de trop ! J’ai pris position, j’ai parlé de tout mon coeur avec toute la puissance de l’Esprit, et sans détour, car c’est un esprit de vérité que Dieu nous donne et pas d’hypocrisie. Mais j’ai été traitée de rebelle, et m’ont m’a « subtilement » fait comprendre que je n’étais plus la bienvenue.
    Puis, comme pour beaucoup qui sont passés par là, j’ai subi les jugements de « rétrograde », « rebelle », voir même « pas de Dieu! »… Je me suis retrouvée seule contre tous… Mais, Grâces soient rendues au Seigneur, c’est là qu’Il m’a donné le parlé en langues en réponse à une simple prière qui disait :
    « Seigneur, si je me suis fourvoyée à cause de mon égo, alors que je ne cesse de te proclamer le pardon que je leur accorde à tous, et que je vois que l’amertume est passée, comment pourrai-je me présenter devant ta face et me croire vivante alors que je serai morte ? Montre-moi si je suis dans la vérité et sur le bon chemin ou brise-moi. Accorde-moi un don reconnaissable pour que je puisse être puissamment convaincue de ta réponse si comme je le crois tu es favorable à ce que je proclame en Esprit et en Vérité. Ainsi je pourrai tenir ferme contre les attaques qui suivront. Car je ne veux rien craindre si ce n’est ton jugement, amen ! »
    ET… Deux jours après, j’ai reçu ce parlé en langues qui m’a totalement envahie, remplie l’âme et la bouche, je ne pouvais arrêter ce flot tellement mon coeur débordait de louange, de reconnaissance ! Depuis, je me tiens à ce que j’ai dis : Je ne crains plus… Je crois seulement (Luc 8.50) et je suis si heureuse d’aimer mes « ennemis » passés, de prier encore et souvent (de plus en plus même) pour eux, car Dieu m’a remplie de Son Amour pour eux et pour tous les hommes, et je sais que ma façon de dire la vérité dérangera encore et toujours, car ce n’est pas elle qui est mise en cause mais ce qu’elle est, alléluia ! (Jean 14.6)
    Le Seigneur nous a prévenu que nous aurions à supporter des tribulations dans ce monde et au sein du Corps même, car l’apostasie étant (2Pierre 2.2) cela doit arriver. Nous devons nous réjouir comme le dit la Parole dans ce cas, et non le contraire ! Il faut persévérer et résister selon Jacques 5 en utilisant les armes en Ephésiens 6. La Parole est une épée à double tranchant, il ne faut pas s’étonner quand une incision coupe nette, cela fait toujours un peu mal ! Mais si elle est vraiment nette, elle cicatrise encore plus vite, alléluia !
    Que Son Nom soit béni !
    Bonne suite à toi ma chère Soeur. Je te souhaite une bonne continuation, reste bien cachée en Jésus-Christ, amen !
    Flo.

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