A72 – Le Discernement, une question de survie spirituelle dans une église en crise.

Article de : John MacArthur Discernement spirituel

La conquête de la ville de Troie est un des récits les plus célèbres de l’histoire de l’antiquité. Les soldats grecs ont assiégé la ville pendant dix années sans réussir à s’en emparer. Ulysse, ce brillant stratège, est exaspéré. Il décide de faire construire un grand cheval de bois, qu’il laisse près de la muraille en faisant croire que c’est un cadeau offert aux invincibles Troyens. La flotte grecque s’éloigne pour donner l’impression qu’elle a accepté la défaite. Remplis de fierté et de curiosité, les Troyens amènent le cheval de bois au-dedans de leurs remparts. Cette nuit-là, des soldats grecs dissimulés à l’intérieur du cheval se faufilent jusqu’aux portes de la ville et les ouvrent pour laisser entrer le reste de l’armée grecque. Les soldats massacrent la population et pillent la ville avant de la détruire complètement par le feu. Depuis ce jour-là, l’expression « cheval de Troie » signifie « infiltration et tromperie. »

Au fil de son histoire, l’Eglise a accueilli bien des chevaux de Troie. Satan a œuvré efficacement en faisant croire que tel ou tel ennemi était en fait un cadeau ; par ses leurres, il a souvent réussi à éloigner les gens de la vérité divine pour les attirer dans des pièges destructeurs. A l’heure actuelle, l’Eglise est en proie à une confusion sans précédent. Il n’y a pas à s’en étonner, car l’apôtre Paul dit : « Sache que dans les derniers jours, surgiront des temps difficiles, car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, sacrilèges, insensibles, implacables, calomniateurs, sans frein, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, impulsifs, enflés d’orgueil, aimant leur plaisir plus que Dieu ; ils garderont la forme extérieure de la piété, mais ils en renieront la puissance » (2 Timothée 3:1-5). L’Apôtre Pierre se fait l’écho de cette vérité : « …Il y a parmi vous de faux docteurs qui introduiront insidieusement des hérésies de perdition et qui, reniant le Maître qui les a rachetés, attireront sur eux une perdition soudaine. Beaucoup les suivront dans leurs dérèglements et à cause d’eux, la voie de la vérité sera calomniée. Par cupidité, ils vous exploiteront au moyen de paroles trompeuses » (2 Pierre 2:1-3).

Aujourd’hui l’Eglise fait penser aux conducteurs religieux du temps de Jésus ; ils savaient reconnaître les différences pour les questions superficielles comme la pluie ou le beau temps, mais ils étaient incapables de distinguer l’erreur de la vérité (Voir Matthieu 16:1-3). De nombreuses églises ont perdu de vue l’éthique biblique, la doctrine biblique, le profond respect envers Dieu et l’adoration qui Lui est due. Elles ne savent plus ce qu’est la repentance vis-à-vis du péché, l’humilité devant Dieu et devant les autres chrétiens, la compréhension profonde du caractère de Dieu, de l’œuvre de Dieu. Elles ne savent donc plus ce que signifie un engagement à vivre dans la sainteté.

En revanche, Dieu appelle tout vrai chrétien à se conformer entièrement à Sa Parole qui est un absolu, et à adhérer à Ses critères de sainteté. Dans 1 Pierre 1:14-16, nous lisons : « Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez autrefois, dans votre ignorance ; mais, de même que celui qui vous a appelés est saint, vous aussi devenez saints dans toute votre conduite, puisqu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. » Pour vivre saintement comme le demande le Seigneur, il vous faut absolument avoir du discernement spirituel.

Qu’est-ce que le discernement spirituel ?

Le discernement spirituel est cette capacité permettant de distinguer entre la vérité divine et l’erreur. Dans 1 Thessaloniciens 5:21, l’apôtre nous ordonne d’examiner toutes choses. Autrement dit, il nous appelle à tout mettre à l’épreuve pour voir ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas. En tant que chrétiens, nous devons évaluer toutes les réalités avec lesquelles nous entrons en contact, pour séparer le vrai du faux, l’acceptable de l’inacceptable, le bon du mauvais. Cette tâche peut s’avérer ardue. Pourquoi ?

– Premièrement, parce que nous devons constamment rejeter les désirs de notre chair pécheresse.

– La deuxième raison est que nous sommes constamment exposés aux tromperies de Satan : le diable fait tout son possible pour nous entraîner dans la confusion et l’égarement.

– La troisième raison est que le monde cherche sans cesse à nous influencer pour dominer sur nous.

Pour résister au monde, à la chair, et au diable, il nous faut « nous attacher fortement au bien ». De tout notre cœur nous devons nous attacher à ce qui est foncièrement authentique et vrai. Nous devons aussi nous abstenir « du mal sous toutes ses formes » (1 Thessaloniciens 5:22). Cela signifie que nous devons nous séparer de tout ce qui est perverti, tout comme nous éviterions une peste mortelle ou un poison violent. Un pasteur déclare à juste titre : « Les pires formes du mal sont des perversions de la vérité, des mensonges spirituels ; mais beaucoup de personnes, de nos jours, considèrent ces perversions avec indifférence et croient qu’elles sont plus ou moins anodines ». (R.C. Lenski, The Interpretation of St. Paul’s Epistles to the Colossians, to the Thessalonians, to Timothy, to Titus and to Philemon, Minneapolis, Augsburg, 1961, p.363). Dans l’église actuelle, il y a beaucoup de laxistes qui négligent de séparer la vérité divine de l’erreur parce qu’ils manquent de discernement spirituel.

Quelles sont les causes de ce manque de discernement spirituel ?Les insuffisances doctrinales

Une des causes principales est que la doctrine n’est plus proclamée avec assez de clarté et de conviction dans l’Eglise. Beaucoup de membres d’églises n’ont de la Parole de Dieu qu’une connaissance superficielle. Enseigner cette Parole est une charge qui requiert des compétences ; mais l’église la confie souvent à des personnes mal équipées. Dans A Call to Discernment (« Plaidoyer pour le discernement »), on lit ces propos d’un conseiller chrétien, le professeur Jay Adams : « Dans des émissions radiophoniques ou autres, de prétendus « experts », nantis de doctorats en psychologie, en sociologie et en pédagogie, mais ayant un niveau tout juste élémentaire pour ce qui est de la connaissance de la Bible, se mettent à pontifier sur ce qu’est la vie chrétienne. Ils se font passer pour des porte-parole de Dieu… Leur enseignement, et l’usage qu’ils font de la Bible (si toutefois ils s’en servent) sont souvent bien éloignés de ce qu’affirme l’Ecriture si elle est interprétée correctement.

A quoi en arrive-t-on alors ? Une première conséquence, particulièrement évidente, est la tendance actuelle à faire du langage théologique un usage bien imprécis… Non seulement on utilise les termes bibliques de façon vague, semant ainsi la confusion un peu partout dans l’église, mais encore on tolère des enseignements erronés en tous genres. Il en est ainsi parce que très peu nombreux sont ceux qui ont assez de discernement pour identifier ces erreurs et pour les réfuter. Même ceux qui se rendent compte que quelque chose ne va pas ont un discernement trop peu aiguisé pour mettre avec précision le doigt sur ces erreurs. Ou alors, s’ils savent repérer les erreurs, ils sont dénoncés par d’autres, et traités de « chasseurs d’hérésies » (Eugene, Oregon, Editions Harvest House, 1987, pp. 35-36).

En diluant ainsi la doctrine biblique, on a conditionné l’église d’aujourd’hui pour l’amener à désirer seulement ce qui la conforte et lui donne un sentiment de satisfaction. Le pasteur anglais Martyn Lloyd-Jones disait : « La pensée précise, les définitions et les dogmes sont affreusement dévalués. On insiste constamment sur l’idée que la religion est une puissance à notre service, destinée à nous procurer le bonheur. On met beaucoup trop l’accent sur les émotions et les sentiments au détriment de l’intelligence. Bien trop souvent on donne aux gens l’impression que la foi chrétienne doit leur apporter une série ininterrompue de délivrances miraculeuses, pour les libérer de tous les maux possibles et imaginables… On leur fait croire qu’il suffit de demander à Dieu tout ce dont ils pensent avoir besoin à un moment donné, pour que cela leur soit accordé… Nous nous sommes tellement focalisés sur nous-mêmes, sur nos états d’âme, nos sentiments, et notre état intérieur, que devant un problème extérieur (qui toutefois nous affecte en profondeur) nous ne savons plus que penser ni par où commencer. (Cité par Iain Murray dans « David Martyn Lloyd-Jones, The Fight of Faith », Vol.2, Editions Banner of Truth, 1990).

Comme dans la pratique on a placé l’expérience et l’émotion au-dessus de la révélation divine, beaucoup se disent chrétiens sans avoir le moindre fondement biblique pour se déclarer tels. Par exemple, au cours d’un entretien radiodiffusé sur une station qui passait pour être chrétienne, l’hôtesse qui m’interviewait m’a demandé : « Comment devient-on chrétien ? » J’ai répondu que nous devons comprendre que nous sommes des pécheurs incapables de nous sauver nous-mêmes, et qu’il faut nous repentir de notre péché en comptant uniquement sur la miséricorde de Dieu. Il faut croire que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu’en mourant Il a payé le prix de nos péchés, et qu’en ressuscitant Il est devenu le garant de notre justification. L’hôtesse a répliqué : « Mais voyons, vous ne pensez quand même pas que tous les chrétiens doivent croire cela, n’est-ce pas ? » « Mais si ! » lui ai-je répondu. Elle a poursuivi : « En tout cas, quand je suis devenue chrétienne, je ne me suis détournée d’aucun de mes péchés. » Hors antenne, je lui ai demandé : « Quel est donc le fondement de votre salut ? » Elle a répondu : « Je me droguais et je buvais, je vivais avec mon petit ami, et cela faisait six ans que je participais au mouvement « Science of Mind » (un courant relevant du « New Age » et axé sur la « pensée positive », NdT). Un beau jour j’ai simplement découvert le numéro de téléphone de Jésus, et depuis ce jour-là j’ai en permanence la possibilité de le joindre. » De toute évidence, il en est qui se réclament de Christ sans Le connaître.

Certains disent : « la doctrine engendre des divisions. » C’est vrai ! Si on écarte la vérité biblique, et si on se tait par crainte d’offenser les autres, les oppositions disparaîtront. Mais d’autres réalités disparaîtront du même coup : la vérité, la sainteté, et Dieu Lui-même. Jude 1:3-4 nous enjoint de « combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. Car il s’est glissé parmi vous certains hommes… qui changent en dérèglement la grâce de notre Dieu, et qui renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ ». Si on dilue la doctrine, on ne fait que faciliter la tâche de ceux qui, en cachette, s’efforcent de saccager l’église. La pensée relativiste

Dans l’église d’aujourd’hui, beaucoup pensent en termes de « continuité », c’est-à-dire qu’ils perçoivent la réalité comme un continuum, un tout dans lequel il est impossible d’établir des séparations. Loin de voir le monde en noir et blanc, de séparer le bien du mal et le juste du faux, ces gens préfèrent tout transposer dans une gamme de gris, avec une infinité de nuances. Satan en empêche beaucoup de penser en termes d’antithèses et d’oppositions ; il remporte ainsi de grands succès, car aujourd’hui l’Eglise ne sait plus distinguer entre la vérité divine et l’erreur.

Le chrétien doit acquérir une mentalité qui fonctionne de manière antithétique, et non une mentalité relativiste. Selon le Professeur Jay Adams : « Ceux qui étudient la Bible pensent en termes d’antithèses. Ils raisonnent en termes de contrastes, d’opposés. De la Genèse à l’Apocalypse, les voies de Dieu sont présentées comme étant au-dessus de toute autre voie. La Bible n’enseigne pas que de nombreuses voies plaisent à Dieu, et que toutes se valent. Elle n’enseigne pas que de multiples opinions peuvent correspondre, plus ou moins bien, aux voies de Dieu. Ce que la Bible enseigne d’un bout à l’autre, c’est que toute pensée, toute voie qui ne correspond pas en tous points aux voies de Dieu est entièrement fausse, et doit être rejetée. D’après la Bible, rater la cible de peu ou de beaucoup, c’est toujours rater. Il y a un seul Dieu, et un seul chemin de la vie : Son chemin ! »

Nombreux, aujourd’hui, sont ceux qui n’aiment pas entendre de tels propos, même dans l’église. Pourquoi ? Parce qu’ils ont une autre mentalité. Beaucoup n’ont pas connu la Bible dès leur enfance, ou alors ils ne l’ont jamais étudiée sérieusement par la suite. Ils ont une mentalité étrangère à la Bible… Les pasteurs autant que les autres membres sont marqués par notre environnement : or celui-ci tend à percevoir toutes choses comme un continuum. La notion même d’antithèse subit une érosion croissante, car on s’efforce de plus en plus d’amalgamer la Bible, la sociologie, la psychologie, et les principes de gestion de l’entreprise. (Voir A Call to Discernement, pp. 29 et 32).

Loin d’amalgamer la pensée du monde et la vérité de Dieu, le psalmiste les sépare nettement : « Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur le chemin des pécheurs, et qui ne s’assied pas sur le banc des moqueurs, mais qui trouve son plaisir en la loi de l’Eternel, et qui médite sa loi jour et nuit ! » (Psaume 1:1-2). Tite 1:9 nous dit de réfuter l’erreur doctrinale en étant attachés « à la parole authentique telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs ».

Une méthodologie selon le monde

L’église manque aussi de discernement parce qu’elle se préoccupe de son image, et veut faire de sa propre influence une clé pour l’évangélisation. Aujourd’hui elle croit que pour gagner les perdus elle doit d’abord gagner leur estime. Elle n’enseigne donc plus les doctrines bibliques du péché, de l’enfer, de la repentance et de la croix, de peur d’offenser les perdus ou de les mettre mal à l’aise. Non, elle se vend elle-même ; elle se transforme en une entreprise bienveillante, sans danger pour quiconque, et dont le but premier est de s’attirer prestige et popularité. Elle cherche à se faire accepter, intellectuellement parlant, par les perdus. Son raisonnement est le suivant : « S’ils commencent par nous apprécier, alors ils finiront par apprécier notre Jésus. »

Il est vrai que l’église véritable doit évangéliser avec amour et avec grâce ; mais jamais elle ne doit édulcorer l’enseignement de la Parole de Dieu. Martyn Lloyd-Jones avait conscience de ce que « les éléments d’avertissement et d’opposition à l’erreur sont une composante essentielle dans tout engagement biblique authentique ; et donc c’est une faute grave que de désapprouver toute polémique dans l’Eglise chrétienne ». Martyn Lloyd-Jones n’attendait aucune approbation de la part de ceux qui voulaient « l’amour par-dessus toutes choses », et qui estimaient que les discussions doctrinales n’avaient pas leur place parmi les chrétiens. Cette attitude-là, disait-il, « a dépouillé la prédication de son autorité. L’accusation de ‘dogmatisme’, comme le refus de toute réprimande et de toute correction reviennent en fait à critiquer l’Ecriture Sainte elle-même » (The Fight of Faith, p. 650).

Considérons attentivement l’exemple de l’Apôtre Paul. Il a sévèrement réprimandé l’Eglise de Corinthe, trop préoccupée de sa propre image : « Car qui est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner ! Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous ! Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes glorieux, et nous sommes déshonorés ! Jusqu’à cette heure, nous sommes exposés à la faim, à la soif, au dénuement, aux coups, à une vie errante ; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous consolons ; nous sommes devenus les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant » (1 Corinthiens 4:7-13).

Les chrétiens authentiques sont une offense pour ceux qui rejettent la vérité. Christ a dit à Ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15:18-20). Hébreux 10:33 affirme que les chrétiens sont « exposés en spectacle par les opprobres et les tribulations ». Des interprétations erronées de la Parole

L’église d’aujourd’hui n’interprète pas correctement la Parole de Dieu, parce que pour une large part elle ne lui voue que de l’indifférence. Il y en a qui enseignent dans l’église sans avoir appris à étudier la Parole de Dieu, et qui ont une théologie faussée. D’autres ont bien la formation nécessaire, mais ils ont un penchant pour l’anecdote, ou alors ils mêlent des idées humaines à la vérité biblique. D’autres encore sont tout simplement trop paresseux pour avoir à cœur d’interpréter correctement la Parole de Dieu. Il en est aussi qui arrivent à ce qu’ils croient être la vérité, par quelque intuition mystique, quelque expérience, ou quelque émotion. Par ailleurs, l’église actuelle considère plus ou moins que tout un chacun doit être considéré comme un expert en matière d’interprétation de la Bible.

La lettre suivante a été adressée à une personne que je connais. Elle illustre l’attitude erronée, mais si répandue de certains soi-disant chrétiens envers les Ecritures. Voici ce qu’on y lit : « La plus grande expérience de l’amour que j’aie jamais faite a eu lieu au pied de la Croix tandis que le sang de Jésus se déversait sur moi. Il m’a alors rempli de Son Esprit, et m’a fait traverser le voile dans la ville de Jérusalem pour m’introduire dans le Saint des Saints. Là, je me suis contemplé moi-même en Lui, et Lui en moi. J’ai reçu comme un baptême de feu et depuis lors Son amour demeure en moi. Quotidiennement je suis en communion avec cette réalité-là. Je n’éprouve pas le besoin d’étudier les Ecritures : je connais Jésus, car Il s’est révélé à moi intérieurement. Il demeure en moi, et donc là réside la Parole. Les Ecritures sont une source secondaire. » Faut-il s’étonner, dans ces conditions, de ce que l’Eglise soit si faible et si peu capable de discerner la vérité ?

L’interprétation de la Parole de Dieu est une science exigeante qui demande du savoir-faire et de la précision. A moins qu’un chrétien n’ait été bien enseigné, n’ait de bonnes connaissances, et n’ait été formé à l’interprétation par quelqu’un qui sait comment faire, il y a peu de chances qu’il sache interpréter les Ecritures correctement (à ce sujet, voir la note de La Trompette en fin d’article).

Le laxisme en matière de discipline

Le discernement spirituel fait également défaut parce qu’on renonce à la discipline dans l’église. Le Seigneur Jésus-Christ nous dit d’agir ainsi : « Si ton frère a péché, va et reprends-le seul à seul ; s’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse aussi d’écouter l’église, qu’il soit pour toi comme un païen et un péager » (Matthieu 18 :15-17).

Il importe que la sainteté règne dans l’église. L’Apôtre Paul a reproché à l’Eglise de Corinthe de tolérer le péché. « On entend parler constamment d’inconduite parmi vous, et d’une inconduite telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens ; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil ! Et vous n’avez pas plutôt pris le deuil, afin que celui qui a commis cet acte soit ôté du milieu de vous ! Pour moi, absent de corps, mais présent d’esprit, j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, l’auteur d’une telle action. Car au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit, nous nous sommes assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus : qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus ! Il n’est pas beau, votre sujet de gloire ! Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? (1 Corinthiens 5 :1-6).

L’absence de discipline dans l’église tue le discernement spirituel et détruit la sainteté. Si l’on confronte réellement le péché, on dresse une muraille entre le monde et l’église, en séparant ceux qui obéissent au Seigneur de ceux qui ne Lui obéissent pas. Il est capital que les chrétiens tracent une ligne de démarcation claire et nette entre le bien et le mal. Le message que l’église envoie vers les perdus devrait être celui-ci : « Nous sommes un peuple saint. »

L’immaturité spirituelle

Beaucoup, dans l’église, ne connaissent la Parole de Dieu que superficiellement. Pour connaître la vérité, ils font confiance à leurs expériences personnelles et à leurs sentiments. Ou alors la recherche du succès et du bien-être personnel constitue pour eux un mode de vie. J’appelle cela « le christianisme à l’usage des bébés ». Un bébé qui se déplace à quatre pattes porte à la bouche tout ce qui lui tombe sous la main, parce qu’il ne sait pas faire la différence entre ce qui est bon et ce qui est mauvais pour lui. De même, ceux qui n’ont pas de maturité spirituelle ont tendance à gober les faux enseignements parce qu’on ne leur a pas appris à distinguer la vérité divine de l’erreur. Ephésiens 4 :14-15 nous dit : « Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices, mais en disant la vérité avec amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ. »

La clé de la maturité spirituelle, c’est une compréhension approfondie de la Parole de Dieu. Nous lisons dans Hébreux 5:12-14 : « Alors que vous deviez, avec le temps, être des maîtres, vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne les premiers principes élémentaires des oracles de Dieu : vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non de nourriture solide. Or quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice, car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux qui, par l’usage, ont le sens exercé au discernement du bien et du mal. »

Vous êtes nombreux à faire preuve de discernement dans le domaine de la vie quotidienne. Vous lisez les étiquettes des produits alimentaires parce que vous voulez rester en bonne santé. Avant d’investir en bourse, vous lisez les comptes-rendus boursiers – y compris ce qui est écrit en petits caractères. Si vous devez subir une opération chirurgicale, vous choisissez avec soin le chirurgien. Peut-être savez-vous bien analyser les questions politiques, et êtes-vous au fait de la situation intérieure comme de la politique étrangère. Peut-être êtes-vous un ailier trois-quarts expert en tactiques offensives et défensives. A la bonne heure ! Mais savez-vous faire la différence entre la vérité divine et l’erreur ?

Comment obtenir le discernement spirituel ?

Désirez-le

Le discernement spirituel commence par le désir de l’obtenir. Si vous ne recherchez que le bonheur, la santé et la richesse, vous n’aurez pas de discernement spirituel. Il faut être suffisamment humble pour admettre votre besoin de discernement. Proverbes 2:2-5 nous enseigne : « Si tu prêtes une oreille attentive à la sagesse, et si tu inclines ton cœur à la raison ; oui, si tu appelles l’intelligence, et si tu élèves ta voix vers la raison, si tu la cherches comme l’argent, si tu la recherches avec soin comme des trésors, alors tu comprendras la crainte de l’Eternel, et tu trouveras la connaissance de Dieu. » Etes-vous d’accord pour suivre le chemin qui conduit au discernement spirituel ?

Priez afin de l’obtenir

En même temps que vous désirez obtenir le discernement spirituel, vous devez rester dépendant du Seigneur en Le priant de vous l’accorder. Le roi Salomon a prié ainsi : « Accorde donc à ton serviteur un cœur attentif pour gouverner ton peuple, pour discerner le bien du mal ! » (1 Rois 3 :9). Le Seigneur lui a répondu : « Puisque c’est là ce que tu demandes, et que tu ne demandes pas pour toi une longue vie, et que tu ne demandes pas pour toi la richesse, et que tu ne demandes pas la mort de tes ennemis, mais puisque tu demandes pour toi de l’intelligence afin d’être attentif au droit, voici : j’agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu’il n’y aura pendant toute ta vie aucun homme parmi les rois qui soit semblable à toi. » (1 Rois 3:10-11). Et Jacques 1:5 nous dit : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. »

Recevez des leçons des autres

Vous pouvez apprendre le discernement spirituel en observant l’exemple de chrétiens mûrs qui ont eux-mêmes reçu ce don. Dans l’église primitive certains avaient reçu un don particulier pour discerner entre la vérité divine et l’erreur (Voir 1 Corinthiens 12:10). Il s’agissait d’un don essentiel, car de faux docteurs essayaient déjà par leurs enseignements de détruire cette église primitive. 1 Jean 4 :1 nous commande : « Eprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. »

Ce don existe-t-il encore actuellement ? Oui, il y a des théologiens et des enseignants de la Bible auxquels Dieu a accordé le don de démasquer les faux docteurs. Leur pensée est minutieuse, approfondie, analytique et critique. Ils sont les gardiens de la vérité dans l’église. Certains enseignent dans des écoles bibliques, d’autres écrivent des ouvrages. Mais de toute manière ils nous aident à discerner clairement entre le bien et le mal. A nous de tirer profit de leurs enseignements et de leurs écrits.

Il faut également prendre en compte l’exemple donné par d’autres chrétiens mûrs dans la foi. De même que les parents œuvrent pendant de longues années pour que leurs enfants parviennent à la maturité, de même un chrétien a besoin de bien des années pour atteindre la maturité spirituelle. Cela ne se passe pas en demandant à Dieu dans sa prière du soir : « Seigneur, accorde-moi le discernement », et en se réveillant le lendemain matin en l’ayant reçu. Pour parvenir à la maturité spirituelle, il faut être nourri de la Parole de Dieu. Dans 1 Pierre 2:2 nous lisons : « Désirez comme des enfants nouveaux-nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous croissiez pour le salut. » C’est aussi au travers des épreuves que Dieu donne la maturité chrétienne : « Le Dieu de toute grâce, qui en Christ vous a appelés à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous formera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. » (1 Pierre 5 :10).Dépendez du Saint-Esprit

C’est le Saint-Esprit qui est le véritable « Discerneur », et c’est Lui qui vous conduira dans toute la vérité (Jean 16:13). Il connaît la pensée de Dieu à la perfection. « Qui donc, parmi les hommes, sait ce qui concerne l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de savoir ce que Dieu nous a donné par grâce. Et nous parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, en expliquant les réalités spirituelles à des hommes spirituels. Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. En effet : Qui a connu la pensée du Seigneur, pour l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ » (1 Corinthiens 2:11-16).

Laissez le Saint-Esprit contrôler votre vie, renoncez au péché et rejetez-le loin de vous, pour vivre dans la pureté et la sainteté. Galates 5 :16 nous dit : « Je dis donc, marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair. » Si vous obéissez de cette manière-là, le Saint-Esprit fera de vous un chrétien capable de discernement. Etudiez la Parole de Dieu

Le discernement spirituel abonde là où l’on se livre à une étude intensive et fidèle de la Bible. Pour être capable de discernement spirituel, il ne vous suffira pas de le désirer, de prier pour l’obtenir, d’observer l’exemple de chrétiens mûrs et doués de discernement, et de dépendre du Saint-Esprit : il vous faut aussi étudier la Parole de Dieu avec diligence. C’est seulement en elle que vous découvrirez les principes et les vérités permettant de saisir la différence entre la vérité et l’erreur. En Actes 17, par exemple, les Juifs de Bérée recevaient avec joie l’enseignement de Paul, mais ils le mettaient à l’épreuve en le comparant aux doctrines de l’Ancien Testament. C’est pourquoi beaucoup de Béréens mirent leur foi en Christ.

En Actes 20, Paul met en garde les conducteurs de l’église d’Ephèse au sujet des faux docteurs qui allaient tenter de s’infiltrer dans l’église pour la dévaster. Pour conclure, il dit : « Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier et de donner l’héritage parmi tous ceux qui sont sanctifiés » (Actes 20 :32). Paul savait combien il était essentiel d’étudier avec soin la Parole de Dieu, afin que l’église soit gardée de l’erreur.

En 2 Timothée 2:15, nous lisons : « Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas a rougir et qui dispense avec droiture la parole de vérité. » L’ouvrier qui fait tout son possible pour accomplir un travail de qualité n’aura pas honte d’avoir mal travaillé. Autrement dit, le chrétien doit présenter aux autres la Parole de Dieu avec exactitude, et s’abstenir d’imiter les disputeurs et ceux qui « tiennent des discours vides et profanes » (2 Timothée 2:16). S’il fait ce que Paul recommande, il sera approuvé par Dieu et sera du nombre de ceux qui se tiendront près de Lui. Loin d’être honteux, le chrétien devra pouvoir déclarer : « Seigneur, j’ai étudié Ta Parole et je l’ai présentée en toute intégrité. »

Qu’en est-il de vous ? De quelle manière étudiez-vous la Parole de Dieu ? Superficiellement, sans la prendre à cœur ? Ou bien l’étudiez-vous en profondeur, en y apportant tous vos soins ? Une étude approfondie de la Parole de Dieu demande un effort ; mais n’oubliez jamais que « Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne » (2 Timothée 3 :16-17).

Conclusion

Pour obtenir le discernement spirituel, il est indispensable de prier, d’apprendre en observant l’exemple de ceux qui ont reçu ce don et sont mûrs dans la foi, de dépendre du Saint-Esprit, et d’étudier diligemment la Parole de Dieu. Si vous faites ces choses, vous fortifierez vos convictions doctrinales, vous penserez en termes de contrastes et d’oppositions ; vous serez préservé des voies de ce monde, vous serez un bon interprète de la Parole de Dieu, et vous confronterez le péché. Tout cela contribuera à votre maturité ; et Dieu sera honoré.

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Avec l’aimable autorisation de « Grace to You » Ministries. Le texte original de John MacArthur est disponible sur Internet à l’adresse : http://www.gty.org/resources.php?section=positions&aid=194  – Copyright © 2006 Grace to You

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Note de La Trompette

L’auteur a écrit

« L’interprétation de la Parole de Dieu est une science exigeante qui demande du savoir-faire et de la précision. A moins qu’un chrétien n’ait été bien enseigné, n’ait de bonnes connaissances, et n’ait été formé à l’interprétation par quelqu’un qui sait comment faire, il y a peu de chances qu’il sache interpréter les Ecritures correctement. »

La pensée de l’auteur est sans doute très bonne pour le cas général, mais nous croyons qu’à certaines occasions particulières, même un jeune converti peut recevoir du Saint-Esprit un éclairage particulier sur un passage de la Parole, que n’aura peut-être pas un théologien confirmé.

 

Source : La Trompette. A438 Le discernement : Une question de survie spirituelle dans une Eglise en crise

 

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